vendredi 10 juillet 2015

Haïga & Haïsha — Graziella Dupuy et Lise Robert




Nombre d’entre vous étant peu familiarisés avec les termes japonais « Haïsha » et « Haïga », il nous semble préférable d’en définir le sens tout comme l’origine.

Haïga
Les Chinois ont été les premiers à introduire la technique permettant de juxtaposer un texte et une peinture en se servant du même pinceau pour la calligraphie et l’image, ceci dès le IVe siècle de notre ère.
Le haïga est un art graphique d’origine japonaise faisant cohabiter avec harmonie l’encre, la peinture et la calligraphie d’un haïku. Il est apparu au Japon à l’époque Edo, son inventeur Yosa Buson (1716-1783), poète et artiste peintre japonais est considéré comme l’un des quatre maîtres classiques du haïku. Le haïku, quant à lui, est la forme poétique la plus utilisée et la plus concise au monde. C’est la poésie de l’indicible, il est lié à l’attitude bouddhiste qui observe les choses avant de les critiquer. C’est l’art  de restituer l’instant présent lié à l’impermanence des choses.

Haïsha
Le haïsha est né de la combinaison de deux arts, la photographie et le haïku afin de se compléter et de former un tout. Cet art contemporain où l’expression photographique et la poésie s’entremêlent, s’inspire du haïga bien plus ancien. Le rôle délicat du photographe sera d’offrir une nouvelle dimension à la photographie qui possède déjà sa propre histoire et non d’en montrer une vision réductrice comme pourrait le faire une légende photographique. La fusion entre le haïku et la photographie devra être telle qu’aucun des deux arts ne supplantera l’autre afin de s’unir dans une belle harmonie.

Le haïsha peut être présenté de deux manières :
— Le texte du haïku est incorporé au sein même de la photographie.
— L’ensemble se compose de deux entités, d’un côté la photographie et de l’autre le haïku qui lui est associé.
Le choix est laissé à la discrétion de l’artiste.

Le terme « haïsha » est essentiellement utilisé dans les pays francophones, les pays anglo-saxons utilisant pour le « haïga » comme pour le « haïsha » le mot « haïga », ce que l’on retrouve dans d’autres contrées.

Note à l’attention du lecteur
Nous avons pris le parti de ne pas franciser les mots japonais, ceux-ci resteront donc invariables même si ce ne fut pas le choix de l’éditeur.

« Haïga & Haïsha » est un recueil bilingue français-anglais composé de deux parties distinctes. La première d’entre elles nous offre les haïga de Graziella Dupuy et la seconde, les haïsha de Lise Robert. Joliment préfacé par Francis Tugayé, membre de l’Association pour la Promotion du Haïku (APH), l’avant-propos est rédigé par Graziella Dupuy, les traductions en langue anglaise étant de Robert Johnston. Des notices biographiques, en fin d’ouvrage, concernant les deux artistes complètent ce recueil dédié à la poésie japonaise, encres ou aquarelles et photographies.

Qu’en penser ?

Ce recueil est le fruit de plusieurs rencontres, celle de la sensibilité d’une artiste et du monde dans lequel elle évolue, celle des mots et des images nées d’un pinceau ou immortalisées par un appareil photographique, celle enfin de deux haïjin issues de deux continents, Graziella Dupuy et Lise Robert. Elles restituent chacune à leur manière, mais avec une touchante simplicité quelques instants, des « trois fois rien » comme le dit Graziella Dupuy dans son « Avant-propos », qu’elles partagent et préservent de l’oubli.

Poussée à l’extrême, la concision de Lise Robert qui n’hésite pas à économiser verbes et adjectifs, offre au lecteur des perceptions réduites à l’essentiel, des moments très dépouillés. Ce qui s’apparente à une mise en retrait de l’auteur cache, n’en doutons pas, une forme de générosité car faire don de ces instants sans en fermer le sens n’est-ce pas une façon de vivement solliciter la sensibilité du lecteur ?
A la sobriété des mots répond celle des photographies où nous pourrons regretter des choix de police parfois discutables. Néanmoins, par leur association souvent surprenante, Lise Robert a peut-être trouvé le moyen de guider avec subtilité le regard du lecteur dans une direction toute personnelle.

Les peintures (encres ou aquarelles) et calligraphies de Graziella Dupuy semblent au contraire prolonger ses haïku. On décèle dans les traits comme dans les mots une certaine ampleur mêlée de tendresse, une poésie plus expansive.
Si les deux artistes se rejoignent dans des thèmes communs — amour , filiation, naissance ou renaissance — la vision assez contemplative de Lise Robert qui effleure la mort, le souvenir contraste avec la tonalité plus dynamique de Graziella Dupuy. Nous dansons avec le vent ou la lune, nous crions pour exprimer notre souffrance ou pour saluer le printemps. La solitude n’est jamais entière : solidaires les parapluies tourmentés par les bourrasques, solidaire l’artiste qui rencontre un bonhomme de neige… A souligner enfin, l’humour qui se révèle ici ou là, plaisant et discret.

« Haïga & Haïsha » conformément à son titre est représentatif de deux arts dévoués tant à l’image qu’à la poésie, l’un orienté vers la peinture et l’autre vers la photographie. Ce recueil n’est pas un recueil à quatre mains, mais plutôt deux recueils disposés côte à côte à l’image de ses auteurs dont le tempérament  contrasté met en valeur chacun des arts qu’il représente. Nous regrettons que les haïga et haïsha n’aient pas été présentés différemment, se côtoyant par exemple tout au long de cet ouvrage en alternance plus ou moins rythmée. La belle histoire ainsi contée aurait permis aux auteurs d’inclure le lecteur dans leur osmose artistique qui fait défaut à ce bel ouvrage dont le résultat est plutôt une opposition d’art comme de style sans en entacher la valeur.

Ce recueil a retenu toute notre attention allant jusqu’à nous envoûter comme il saura vous subjuguer, que vous aimiez, voire excelliez dans l’art du haïku et de ses dérivés ou qu’il vous paraisse étranger. Professionnels ou néophytes en matière de poésie japonaise, cet objet précieux prendra une place privilégiée dans votre bibliothèque ou celle de vos proches et amis.


Çà et là







Comment se procurer le livre ?

« Haïga & Haïsha »  est exclusivement disponible sur le site de l’éditeur « TheBookEdition.com ».

En cliquant sur le lien suivant vous serez directement mis en relation avec le site marchand où des extraits vous seront proposés :


vendredi 19 juin 2015

Publier #1 L’autoédition

En tout lecteur sommeille un auteur qui se posera indubitablement les questions suivantes :

— Qu’est-ce qu’un livre ?
Un miroir où tout un chacun se reflète, un témoignage, une histoire rêvée, inventée, reflet de sa personnalité, une biographie, une autobiographie ?

— Écrire pour soi est-ce véritablement écrire ?
Non, la finalité de l’écrivain hors motif économique est d’être lu afin de partager ses émotions, sa passion.

Être publié est notre graal à tous, nous auteurs, mais comment  pouvons-nous y parvenir ?

Trois possibilités s’offrent à l’auteur :
— Édition à compte d’éditeur
— Édition à compte d’auteur
— Autoédition

Aujourd’hui, nous aborderons le thème de l’autoédition qui a fait ses preuves outre-Atlantique, mais qui est malheureusement trop méconnue en France.

Qu’est-ce ?
Le Grand Robert de la langue française nous définit ainsi l’autoédition :

« Édition d'un ouvrage directement par son auteur, sans passer par un éditeur. »

Il est important de ne pas confondre cette forme d’édition avec l’édition à compte d’éditeur ou avec l’édition à compte d’auteur.

N’en déplaise à certains éditeurs, l’autoéditeur est un éditeur à part entière dont le but est de présenter un catalogue limité à sa production personnelle.
Nous étudierons ci-après les options qui s’offrent à lui afin que ce projet se réalise.

Bien qu’elle véhicule la plupart du temps une image négative, cette forme d’édition n’est pas l’apanage des seuls découragés de l’édition à compte d’éditeur, elle peut être le choix personnel de l’auteur qui souhaite maîtriser son œuvre depuis sa création jusqu’à la rencontre avec son public. La voie de l’indépendance a fait de nombreux émules. Elle permet également d’éditer des ouvrages relevant de domaines très spécialisés qui ne sauraient intéresser un éditeur traditionnel. Notons au passage qu’aux Etats-Unis, ces dernières  années, cette forme d’édition dépasse l’édition classique en nombre de livres.

L’autoéditeur doit connaître les différentes étapes de la publication d’un livre et bien maîtriser sa partie technique. Il en assumera les différentes étapes seul ou fera pour certaines d’entre elles appel à un prestataire de services ce qui augmentera le coût du livre. Après avoir écrit son livre il en effectuera la mise en pages, corrigera les épreuves après avoir examiné avec soin le bon à tirer fourni par l’imprimeur avant que celui-ci ne lance l’impression et se conformera aux mentions légales obligatoires. Il se consacrera enfin à la promotion de son livre en utilisant tous les moyens mis à sa disposition et à sa vente sans avoir omis d’en calculer son juste prix. Parmi les obligations légales il effectuera la demande d’ISBN et n’oubliera pas de rappeler tant à l’imprimeur qu’à l’éditeur leurs obligations réciproques d’effectuer les dépôts légaux nécessaires. Les mentions légales devront naturellement être imprimées  sur le livre.

Nous en profitons pour rappeler l’excellent livre de Nicolas Delecourt et de Laurence Happe-Durieux, « Publier son livre » dont nous avons récemment effectué la chronique et dans lequel vous trouverez la marche à suivre afin de vous faire éditer sans omettre une seule étape de ce parcours.

Afin de parvenir à ses fins l’auteur autoéditeur  sera confronté au choix suivant :

— Faire appel à une société d’autoédition qui effectuera partie des tâches susnommées. Il devra être vigilant car les entreprises assumant ce rôle sont désormais nombreuses et il devra en contourner les pièges, toutes n’étant pas honnêtes et les recommander ici nous semble délicat. Un éditorial pourra aborder cet épineux sujet.

— Créer sa propre maison d’édition.
Avant de se lancer dans une telle entreprise, l’autoéditeur devra se renseigner sur toutes les étapes administratives dont il devra s’affranchir tout en effectuant les choix adaptés à sa propre situation.
Cette dernière option étant complexe, nous lui consacrerons vraisemblablement un éditorial afin d’éclairer ceux qui auraient le courage et la volonté de tenter l’aventure éditoriale.


jeudi 21 mai 2015

Le Bouvier et la Tisserande — Estelle de Parseval






Le « haijin », mot japonais signifiant « personne écrivant des haïku ou haïkaï », se réfère au «saijiki» se composant dans sa version complète de cinq tomes, un par saison. Nous pourrions traduire «saijiki» par « almanach poétique » comportant des mots de saison ou « kigo » et leurs variantes. C’est en consultant le Livre III intitulé « La tisserande et le bouvier », traduit et adapté par Alain Kervern, professeur de japonais à l’université de Brest, que nous n’avons eu de cesse de trouver la signification et l’origine de ce titre.

Grande fut notre joie de découvrir dans la « Collection Contes des quatre vents » bilingue-trilingue ce conte populaire de Chine raconté par Estelle de Parseval et illustré par Christine Gloaguen.

L’histoire du Bouvier et de la Tisserande est avec « Meng Jiangnū », « Serpent blanc » et « Liang Shambo et Zhu Yingtai », une des quatre grandes légendes du folklore chinois.

Un jeune orphelin surnommé le bouvier car il gardait toute la journée un bœuf vivait avec son frère et sa belle-sœur qui le maltraitait. Le jour vint où son frère lui ordonna de se débrouiller seul, l’enfant ayant grandi. Il partit accompagné de son unique compagnon et alla se réfugier dans la montagne. Il réalisa alors que le vieux bœuf s’était mis à lui parler. Pour premier conseil il l’informe qu’à la tombée de la nuit les tisserandes célestes viendront se laver dans le lac près de la montagne et déposeront leurs habits dans le pré.  Le bœuf lui demande alors de s’emparer de la robe de tulle rose afin que sa propriétaire devienne sa femme. Ce qu’il fit et les fées dérangées se rhabillèrent et s’envolèrent vers le ciel, laissant leur compagne au sol. C’est ainsi qu’elle devint son épouse, la Reine Mère céleste étant sa mère. Ils vécurent néanmoins heureux avec leurs enfants. Peu avant sa mort, le vieux bœuf lui donna un second conseil. Il lui demanda de garder précieusement sa peau afin de l’endosser en cas de besoin. C’est alors que la Reine Mère céleste apprit leur histoire et entra dans une rage folle. Elle partit sur terre pour ramener la tisserande et lui demander des comptes. Devant l’affliction de ses enfants le bouvier revêtit la peau du bœuf et monta au ciel à la recherche de son épouse. Afin d’empêcher la réunion de leur famille la Reine Mère céleste tira une épingle de jade de son chignon et traça dans le ciel une ligne qui devint un torrent impétueux appelé aujourd’hui la Voie lactée. La tisserande et le bouvier furent donc séparés à tout jamais. C’était sans compter sur l’amour profond du couple qui gagna la sympathie des pies. C’est  ainsi que chaque année le 7 juillet, un nombre incalculable de pies volent au-dessus de la Voie lactée et forment un pont afin que le bouvier, la tisserande et leurs enfants se rencontrent.

Qu’en penser ?

Cette jolie légende nous explique la formation de la Voie lactée et nous ramène aux constellations de l’Aigle, du Cygne et de la Lyre que tout un chacun peut observer l’été, formant le très célèbre triangle de l’été. Cette histoire d’amour était déjà évoquée dans un poème du « Shijing », « Le Classique des vers », le plus ancien recueil de poésie chinoise. La rencontre du Bouvier et de la Tisserande est fêtée en Chine, mais aussi au Japon et en Corée le septième jour du septième mois lunaire. La veille de ce jour aussi appelé jour du double sept, l’étoile du buffle, Altaïr de la constellation de l’Aigle et l’étoile de la Tisserande, Véga de la constellation de la Lyre sont très brillantes et peuvent être facilement observées sur fond de Voie lactée. Naturellement comme toute légende, il existe des variantes, mais toujours trois conditions doivent être  réunies pour être reconnue comme telle, les deux personnages doivent être assimilés aux étoiles du même nom, leur relation est amoureuse et ils sont réunis chaque été le septième jour du septième mois.

De nombreux autres rapprochements ont  été faits avec des cultures plus lointaines dont on suppose des influences réciproques. Nous pensons en particulier au « Lac des cygnes » de Tchaïkovsky, avatar moderne, « Les Mille et Une Nuits » nous font part d’une histoire similaire, l’Inde, nous remémore  l’Apsara (nymphe céleste) et le roi Pururavas qui sont amoureux et bien d’autres encore.

En ce qui concerne le triangle de l’été, il faut savoir que le nom des trois étoiles est d’origine arabe : Deneb signifie « queue » car elle constitue la queue du Cygne. Altaïr signifie « l’aigle en vol » et Véga « le vautour qui plonge », la constellation de la Lyre étant vue comme un oiseau.

Les trois constellations évoquées nous ramènent à l’antiquité grecque.

Hermès façonna la Lyre dans une carapace de tortue. Elle permit à Orphée de vaincre les puissances des ténèbres avant de gagner le ciel à sa mort.

Tyndare, roi de Sparte, oublia un jour d’inviter Aphrodite à un banquet pour les Dieux de l’Olympe. Pour se venger, Aphrodite inspira un amour fou à Zeus pour Léda, la femme de Tyndare.

L’antiquité nous apporte une réponse concernant la constellation du Cygne. En effet, Zeus se métamorphosa en cygne pour séduire Léda qui se baignait dans le fleuve. Poursuivi par un aigle (Aphrodite), il se jeta dans les bras de Léda. De leur étreinte résultèrent deux œufs gigantesques qui contenaient Hélène de Troie et Pollux (les gémeaux) pour l’un et Clytemnestre et Castor pour l’autre.

La constellation de l’Aigle représente Aphrodite métamorphosée en ce rapace lorsqu’elle poursuivait le cygne qui fécondera Léda.
                         
Nous constatons que ce petit conte dont la simplicité et la sobriété ne sont plus à démontrer, édité par L’Harmattan en 1992 est certes destiné à nos chères têtes blondes, mais est voué à un public beaucoup plus large. Il nous paraît évident que ce livre passionnera tout lecteur avide de nouvelles découvertes culturelles et amateur de légendes d’ici et d’ailleurs.

Nous avons pour notre part, apprécié cette version bilingue qui réjouira les  sinisants ou autres amoureux de la culture extrême-orientale, les illustrations de Christine Gloaguen, quant à elles nous semblant une très belle réussite comme en atteste la couverture de ce livre pour tous publics.

Nous recommandons par ailleurs aux amateurs de contes en versions multilingues la très belle « Collection Contes des quatre vents » bilingue-trilingue créée et dirigée par Nguyên-Nga des éditions L’Harmattan.


mardi 12 mai 2015

Publier son livre — Nicolas Delecourt & Laurence Happe-Durieux




Écrire et être enfin publié, graal éternel de tant de Français ! La question étant posée, comment y parvenir ? C’est certainement cette problématique qui a amené Nicolas Delecourt et Laurence Happe-Durieux à rédiger ce livre afin d’aider bon nombre d’auteurs confirmés ou en devenir.
En quoi nous éclairent-ils ?

Chapitre après chapitre nous découvrons le monde de l’édition et les différentes étapes de construction d’un livre depuis l’idée germée dans la tête de l’auteur ou de l’éditeur jusqu’à sa mise entre les mains du lecteur sans oublier la réédition, mais aussi parfois, le retour. Des parties entières expliquent ensuite les moyens de trouver un éditeur sans taire certains pièges, celui de l’édition à compte d’auteur étant souligné avec force détails. Les auteurs consacrent la grande partie de leur ouvrage à l’autoédition, sujet ô combien dérisoire en France, mais dont l’avenir semble promis à de meilleurs jours tant il a déjà fait ses preuves outre-Atlantique.

Qu’en penser ?

Connaissez-vous vraiment le monde de l’édition ? Quelle est votre stratégie de recherche ? Comment entrer en contact avec l’éditeur ? Savez-vous mettre en forme votre manuscrit pour le soumettre au comité de lecture ? Connaissez-vous les différentes règles de typographie ? Avez-vous pensé à protéger votre texte ? Comment procéder ? Qu’est-ce qu’un contrat d’édition ? En connaissez-vous tous les aléas ? Que vous vous posiez une ou plusieurs de ces questions, cet ouvrage répondra à vos attentes.

L’édition à compte d’auteur, à compte d’éditeur et l’autoédition sont des termes qui ne vous sont pas inconnus, mais en connaissez-vous toutes les nuances et saurez-vous en déjouer tous les pièges ? Les auteurs décrivent avec clarté et précision ces mondes qui vous sont partiellement ou totalement inconnus. Une judicieuse troisième partie est dédiée à l’édition à compte d’auteur et permettront d’en connaître tous les contours à ceux qui ne saisissent pas encore ce qui différencie cette édition de celle à compte d’éditeur. Le propos est clair, le doute n’est plus permis, le lecteur et futur auteur apprend ligne après ligne à déjouer les pièges que certains éditeurs peu scrupuleux tissent en vue d’attirer l’auteur béotien et encore naïf.

Les auteurs consacrent une quatrième partie exhaustive aux découragés de l’édition à compte d’éditeur, aux victimes des sirènes de l’édition à compte d’auteur ou tout simplement à ceux qui préfèrent la voie de l’indépendance, la sacro-sainte autoédition si fréquemment utilisée sur le continent nord-américain.

Nicolas Delecourt et Laurence Happe-Durieux nous offrent tout ce que chaque écrivain est en droit d’attendre d’un tel guide pratique. Rien ne semble avoir été laissé au hasard. Écrivains, n’en doutez pas vous serez accompagnés dans chaque étape de la fabrication de votre livre jusqu’à sa mise à la disposition de votre public. Que vous ignoriez les aspects techniques de la mise en pages et de l’impression, que les obligations légales vous rebutent tels la demande d’ISBN, les dépôts légaux, les mentions légales à imprimer sur votre livre, que vous cherchiez en vain le régime fiscal de l’auteur autoédité, vous trouverez la moindre réponse aux questions que vous vous posiez avant de donner libre cours à votre passion pour l’écriture. Mais qu’en est-il de l’aspect commercial demanderont les plus pragmatiques d’entre vous. Rassurez-vous, « Publier son livre » répond à toutes vos attentes. Votre livre imprimé selon les règles de l’art et muni de tous ses attributs n’est pas fait pour rester, ignoré de tous, sur le rayonnage de votre bibliothèque. Aucun des aspects commerciaux ne semble avoir été oublié. Vous saurez assurer la promotion de votre livre car les moindres détails sont évoqués dans ce guide dont la troisième édition démontre qu’il est indispensable à tout écrivain dont la tâche principale est d’écrire et non de perdre un temps précieux en vaines quêtes de renseignements sans savoir s’il va y parvenir et passer à côté d’un renseignement précieux.


Nous recommandons chaleureusement ce guide pratique à tous les auteurs rêvant d’être édités, en quête d’un manuel fourmillant de renseignements et d’adresses utiles, voire indispensables. Nous avons été séduits par la clarté et la simplicité de l’écriture rendant aisée la compréhension des thèmes abordés pouvant en rebuter certains. Nous pensons que ce livre devrait figurer dans la bibliothèque de tout écrivain, l’allégeant ainsi de préoccupations tant administratives que commerciales, lui permettant de se consacrer pleinement à sa passion.